samedi 3 mars 2012

Brandreth ne cesse de me combler !

Quel plaisir durant une lecture de goûter à notre chère Angleterre Victorienne !
Brandreth remplit son contrat avec un succès certain.
D'abord les personnages, il est bien évident que notre auteur met en scène notre trio infernal : le dandy Wilde, le docteur Doyle, l'écrivain Sherard, mais quelle n'est pas notre surprise lorsque celui-ci immisce dans notre affaire l'illustre père de Dracula, Bram Stoker. D'ailleurs, de mordant, notre affaire n'en manque pas. Assassinat sur fond d'hystérie, Brandreth a choisi ce tome pour présenter les travaux d'un illustre neurologue, Charcot. Fin 19ième siècle ou, quand les troubles du comportement ne semblent plus être l'oeuvre du diable mais bien celle de la chimie des corps...
Enfin, ce tome est écrit à plusieurs mains. Chacun narre les évènements tels qu'il les a perçus, le tout sur fond de journal intime ou bien encore de missive.
Je n'ai qu'une seule question : A quand le prochain ?

Une heureuse rencontre dans le domaine des thrillers !

Merci à Régis DESCOTT pour ce thriller aussi surprenant qu'envoûtant. Notre auteur nous mène dans le Paris de la fin du 19ième s, celui des maisons closes, des filles de joies qui n'en ont que le nom, de la syphilis, et surtout de la grande misère sociale. Pour noircir encore ce portrait, Régis Descott nous conte l'histoire d'un illustre tableau de Manet, Le déjeuner sur l'herbe. Jusque là, mises à part quelques polémiques tenant à la genèse de cette oeuvre d'art, vous ne voyez pas de noirceur particulière. Ce que vous ignorez encore, c'est qu'un individu s'est vu le coeur artiste, et s'évertue à reproduire notre oeuvre d'art mais en ajoutant, comment dire, une touche on ne peut plus personnelle. Ce tableau, notre meurtrier parce qu'il faut appeler les choses par leur nom, a pris pour parti de le concevoir avec des cadavres. Et, parce que l'art est souvent chose difficile et exigeante, notre artiste en herbe, grand amateur de photographie, en effet la reproduction demeure réaliste jusqu'au morbide, recommence plusieurs fois, et ce, sans aucun doute, par excès de perfectionnisme. En bref, son art nécessite moult modèles. Les maisons closes lui paraissent donc un vivier au potentiel considérable. Et ce, d'autant plus, que les filles de joies ne manquent souvent qu'à leurs clients, et comme nulle n'est irremplaçable, ce manque est souvent vite comblé. La belle affaire pour notre criminel qui semble peu importuné par les services de police. Mais, ceci est sans compter sur le flegme et la ténacité du jeune docteur Corbel...

Simone Bertière ou la beauté de la langue française

Loi salique aidant, nous ne savons que très peu de choses sur les reines de France, si ce n'est le Roi auquel elles sont unies et l'ampleur de leur descendance. Les alliances ne laissent que très peu de place aux sentiments amoureux. Les mariages sont des contrats permettant de conserver la paix, d'obtenir de nouveaux territoires. Une Reine doit être "prolifique", le taux de mortalité infantile étant très élevé au 16ième s, elle doit mettre au monde plusieurs garçons, mais que fait-on des filles me direz vous ? Et bien sachez qu'en monarchie rien ne se perd, les filles seront unies à d'autres Roi qu'ils soient du Portugal, ou encore d'Angleterre, ces unions permettront la constitution d'alliances politiques.
Grâce à S Bertière, nous voici éclairés sur le caractère de celles qui partagèrent le trône de nos Rois au cours de ce Beau 16ième s. D'Anne de Bretagne à Catherine de Médicis en passant par la Reine Claude, voici le portrait de celles qui par leur alliance furent condamnées à rester dans l'ombre mais dont la personnalité les sauva de l'anonymat.
Une chose est sûre en ce temps les mères ou les soeurs de rois avaient un poids bien plus grand qu'une simple Reine, machine à procréer pour assurer la continuité de la lignée.
S Bertière nous offre une fresque historique fluide allant à l'essentiel, un bonheur pour les néophytes.

La lecture n'est pas toujours faite de moments mémorables...

Avant toute chose, merci à Masse Critique ainsi qu'aux éditions Julliard pour la sélection.
Que dire de ce roman... P BESSON nous offre le récit de deux destins. Celui de Laura, mère de deux enfants, subitement abandonnée par son mari. Elle est le portrait de ces femmes qui pendant tant d'années ont vécu dans l'ombre de leur époux, sans prendre de décision, sans travailler, sans avoir de vie sociale si ce n'est celle du foyer matrimonial. Et, parce que la vie est devenue un combat inéquitable, parce que les jours se suivent et se ressemblent, parce qu'elle ne trouve plus sa place dans ce monde trop grand pour elle, Laura décide de mettre fin à ses jours. Nous l'accompagnons donc dans cette dernière journée jonchée de rituels.
Nous avons dit deux destins, le deuxième est celui de Samuel, père divorcé, dont le fils, Paul, vient de mettre fin à ses jours. L'incompréhension règne chez notre protagoniste. Comment n'a-t-il pu déceler durant les week-end qu'il ont passé ensemble cette détresse. Pourquoi son fils est-il passé à l'acte.
En bref un fil conducteur pour nos deux personnages : le suicide. D'un côté celle qui le prépare comme l'exutoire à tous ces chagrins. D'un autre celui qui le subit.
Je dois dire que la lecture de roman m' a été très pénible, P Besson a pris le parti de disséquer les sentiments humains. Lorsque notre auteur se penche sur ceux de Laura, quelle n'est pas ma déception.... Les réflexions me semblent convenues, les sentiments sont sans surprises, en résumé un échec. Peut-être que la lecture des romans de ZWEIG m'a rendu intransigeante et exigeante.
Le pathos n'est d'ordinaire pas ma tasse de thé, alors quand l'auteur décide d'y recourir, il faut qu'il use d'une grande subtilité. Ce qui très certainement manque à monsieur BESSON.

Frédéric Lenormand a réussi un pari !

Diable ! Quelle déconvenue de manquer à ce point d'étoiles pour congratuler ce cher Frédéric Lenormand. Qu'à cela ne tienne, j'honorerai son ouvrage à coups de mots.
Notre auteur s'est attaqué à un pari risqué. Relater une intrigue réelle, avec des personnages en chair et en os, le tout durant une époque baignant dans "les lumières"..
En bref, l'intrigue présentée ne vaut pas un thriller du 21ième siècle. Mais, la belle affaire que voilà, ce que nous offre Lenormand c'est un polar historique sans anachronismes et drôle !!!
Commençons par la présentation. Les têtes de chapitres m'ont interpellées, Lenormand s'est inscrit dans la lignée d'Akounine ou de Parot. Notre auteur appâte le lecteur avec une accroche sous forme d'énigme et ça marche !!
Poursuivons sur la forme, Lenormand nous offre un vocabulaire, une syntaxe tous deux dignes du 18ième s, les citations fusent, les personnages dialoguent avec une grande dextérité.
Sur le fond, Lenormand prend joie à égratigner notre illustre personnage sur ses mauvais penchants tels que la cupidité, l'hypocondrie, la paresse, le dédain du peuple et la misanthropie. Reste à savoir si notre philosophe réunissait tous ces traits de caractères. Mais il n'est pas sujet exclusivement de Voltaire, notre auteur s'intéresse de très près à Emilie du Châtelet, jeune femme enceinte jusqu'aux yeux, au charme ravageur, passionnée par les sciences et très fine d'esprit, pour laquelle Voltaire semble montrer un intérêt tout particulier.
Tous deux mèneront l'enquête sur la mort de la Baronne de Fontaine-Martel, sauvagement assassinée dans cet ordre : empoisonnée, poignardée, étouffée, étranglée. Mais me direz vous pourquoi Voltaire se transforme-t-il en détective ? Notre philosophe cherche à découvrir qui a mis fin aux jours de sa bienfaitrice. En dire plus serait un crime !!
En bref, amateurs de polars historiques courrez acquérir ce petit bijou !!

lundi 12 décembre 2011

Thriller sur fond de Maoïsme.

En posant ce bouquin me vient l'envie de crier : "Quelle aventure !". Le Chinois débute comme tout thriller qui se respecte. En premier lieu, une mare de sang. Et bien oui notre auteur ne fait pas avec le dos de la cuillère puisque c'est bien dix-neuf meurtres qui seront perpétrés dans la même nuit et surtout dans le même village. En régime thriller, qui dit meurtre, dit un minimum d'hémoglobine et encore mieux d'atrocité, alors merci aux corps lacérés de coups de couteau et à cette jambe orpheline de son propriétaire. En second lieu, le thriller c'est aussi et surtout le détail qui tue, et là notre auteur opère un coup de maître, il crée un lien irréversible, sanguin et incontestable entre nos dix-neuf victimes. Enfin un thriller de ce nom n'est pas viable sans l'existence d'une héroïne forte, obstinée, et bien évidemment torturée, et là Mankell nous sert sur un plateau une juge haute en couleurs, Birgitta Roslin. le décor est planté, asseyez vous confortablement dans votre fauteuil, le thriller et son cortège de sueurs froides peut commencer.
Et bien non ! Avec Le Chinois, Mankell nous offre un virage à cent-quatre-vingts voire trois-cent-soixante degrés ! Ici, notre auteur s'offre un pamphlet contre la Chine. C'est Empire du Milieu au sein duquel siège trois types d'individus : les utopistes, ceux qui croient au développement harmonieux et aux richesses justement réparties, les opportunistes, ceux qui surfent sur la vague de l'économie de marché et surtout sur le tsunami de la corruption qui gangrène le pays, et enfin les autres, ces pauvres victimes d'un pays versatile et surtout schizophrène oscillant sans cesse entre communisme et capitalisme sauvage.
Le Chinois c'est non seulement un thriller mais aussi une histoire poignante de la Chine moderne, celle de la peine de mort, de ces dirigeants corrompus, de la pudeur de son peuple, de la pauvreté galopante. Mais le polar de Mankell c'est aussi un retour sur l'"oeuvre de deux personnages centraux pour l'empire du Milieu : Mao et Deng.
A ceux qui croient que seule la Chine en prend pour son grade, ils se trompent. D'ailleurs c'est parce qu'elle possède une histoire que les schémas qu'elle envisage aujourd'hui peuvent nous paraître bien clair.
Je dirai donc ceci : amateurs des thrillers sur fond de sueurs froides à répétition, d'hémoglobine, de courses haletantes et effrénées, de rebondissements fiévreux, passez donc votre chemin. Par contre pour ceux qui affectionnent particulièrement le thriller politique, qui, sous couvert d'une intrigue policière aiment à se plonger dans l'histoire chaotique d'un pays, alors courez lire ce polar !
Ce qui est sûr c'est qu'après la lecture du Chinois, une envie subite m'est venue d'en savoir plus sur la Chine.
Je remercie les éditions SEUIL POLICIER ainsi que BABELIO de m'avoir permis de découvrir ce bouquin.

Les apparences sont parfois trompeuses ...

"Sceptique", voilà le terme qui reflète mon sentiment à la lecture des premières pages de ce polar. Adepte des thrillers je suis, mais les courses poursuites effrénées sur fond d'hémoglobine et de sueur ne sont pas ma tasse de thé.
"Surprise", je l'ai été, au tournant de ce thriller haletant. "Conquise", voilà ma position lorsque je ferme ce bouquin.
Adepte des thrillers psychologiques, je dois dire que de psychologie, Instinct de survie n'en manque pas. L'auteur a bien caché son jeu, les débuts de ce récit ne laissaient présager en aucune façon la suite : des rebondissements, des personnages psychologiquement complexes voire complètement dérangés.
Merci à Babelio et aux éditions les deux terres pour cette découverte